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Joseph Anne LOAISEL-de-SAULNAYS,
Chevalier de Saint Louis, quartier maître général de la coalition bretonne, bras droit du Marquis de la Rouerie,

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Il naît le 19 janvier 1752 à Caro (56). 

Il est le premier enfant du couple Joseph-Mathurin LOAISEL-de-SAULNAYS, contrôleur des actes, âgé de 33 ans et de Françoise Renée THEBAUD, âgée de 16 ans.

Parrain: noble maître Vincent Joseph Loaisel sénéchal de la baronnie de Molac, et marraine dame Anne Clément.

Ont signé, Anne Aubin de la Villéon du Bois Guéhenneuc, Anne de la Cour, des Aulnays Loaisel. J. Chotard, recteur de Caro.

 Il est contrôleur des actes à Locminé , au Croisic, à Plancoët et à St-Malo.

 Il épouse à 21 ans Thérèse Noëlle DE LA VILLÉON, fille de Charles DE LA VILLÉON, en 1774  à Vannes (56).

Ce couple aura quatre enfants

- Marie Jeanne LOAISEL-de-SAULNAYS (3.1.1), né le 15 septembre 1775. 

- Joséphine Françoise LOAISEL-de-SAULNAYS (3.1.2), née le 19 février 1780

- Jean David LOAISEL-de-SAULNAYS (3.1.3), né le 23 mai 1783 à Assérac

- Jeanne Thérèse Mathurine LOAISEL-de-SAULNAYS (3.1.4), née le 21 juin 1777

Joseph-Anne Loaisel pendant ses premières années.

 Il naquit le 19 janvier 1752 à la maison noble de Thay en la paroisse de Caro. Il fut baptisé le lendemain, ainsi que l'indique l'acte suivant:

 

Le manoir du Thay date du début du 16e

 
 

 

« Joseph Loaisel,  de nobles gens Mathurin-Joseph Loaisel, sieur des Aulnays et de dame Françoise Thébaud son épouse, à la maison noble du Thé (en la paroisse de Caro) le dix neuf janvier mil sept cent cinquante-deux, a été baptisé le lendemain.

A été parrain noble maître Vincent-Joseph Loaisel sénéchal de la baronnie de Molac, et marraine dame Anne Clément.

Ont signé : V. Loaisel, Anne-Clément, Angélique Guihart de Beauregard, Anne Aubin de la Villéon du Bois Guéhenneuc, Anne de la Cour, des Aulnays Loaisel. J. Chotard, recteur de Caro».

Selon la tradition, Joseph-Anne Loaisel passa quelques années au collège Saint-Yves de Vannes situé sur l'emplacement de l'actuel collège Jules Simon (1). Depuis 1762, la direction de cet établissement célèbre n'était plus assurée par les jésuites. Il fallut tout le dévouement des prêtres diocésains de l'époque pour les remplacer et y maintenir une excellente direction. Le même système d'éducation continua sans changement notable sauf que l'esprit breton alla en progressant. En effet, avec les prêtres diocésains davantage hommes du pays, le sentiment d'appartenance au Bro-Erec ou pays de Vannes et à la Bretagne s'intensifiant chez les élèves, on vit de plus en plus sortir du collège d'excellents humanistes bretons et de futurs écrivains.

Après ces années d'étude, Joseph-Anne revint à Sérent où il s'initia peu à peu aux fonctions exercées par son père, ce qui lui permit, en 1772, de devenir contrôleur des actes à Locminé, petite cité située à mi-chemin entre Vannes et Pontivy et à trois kilomètres de Bignan une des futures capitales de la Chouannerie .

(A cette occasion, rappelons-nous que la mère de Joseph-Anne avait habité Locminé avant son mariage).

En 1774, Joseph-Anne Loaisel épousa en l'église Saint-Salomon de Vannes (elle n'existe plus aujourd'hui) Thérèse-Noëlle de la Villéon habitant le manoir de Trélogo en Assérac, paroisse située dans la presqu'île guérandaise (2).

II faut croire que cette région de ports et de marais salants intéressait notre héros puisque l'année sui vante, 1775, il devint contrôleur des actes au Croisic.

De ce port pittoresque il lui était facile de rejoindre Trélogo, domaine de ses beaux-parents, où naquit le 15 septembre 1775, une petite Marie-Jeanne Loaisel qui, hélas, décéda quelques jours plus tard. Le 21 juin 1777, naquit au Croisic une petite Jeanne-Thérèse-Mathurine qui épousera en 1795 à Jersey l'émigré Bonaventure-François de Sceaux. Le 19 février 1780, naquit à Piriac, Joséphine-Françoise LoaiseI. Enfin, au manoir de Trélogo, naquit le 23 mai 1783, un petit Jean-David seul garçon de la famille.

Joseph-Anne Loaisel passa onze années dans la presqu'île de Guérande.

Ce laps de temps important lui permit de prendre contact et de se familiariser avec les choses de la mer. Le Croisic, en effet, était à cette époque un des principaux ports de Bretagne; les pavillons de la plupart des pays d'Europe claquaient au vent dans ses bassins ; les nombreux vaisseaux de commerce en partance confirmaient le grand renom de ses marais salants miroitant au soleil jusqu'aux abords de Guérande. Une autre spécialité de ce port florissant était la pêche à la sardine et celle de la morue à Terre-Neuve.

Témoignage de Jean-Georges du Buat. ( Annales de la société historique et archéologique de Saint-Malo. Années 1823-1924. p145 à 148"

Ancien receveur des Domaines du Roi, à Saint-Malo. Il est, de tous les hommes de la coalition de Bretagne, celui qui a rendu les plus grands sacrifices et qui s'est attaché, d'une manière spéciale, au marquis de la Rouerie. Aussitôt qu'il apprend qu'il se forme une coalition, dont le marquis de la Rouerie devait être le chef, il vole auprès de lui, à son château de St-Ouen, et s'instruit des motifs qui anime  ce brave gentilhomme. Il voit ses pouvoirs, émanant des Princes, frères du roi. Il sait, de lui, qu'il veut briser les liens de son maître, détenu, en quelque sorte, dans les fers, par l'Assemblée législative, sauver le royaume de l'anarchie qui le dévore, et rendre à la province de Bretagne son ancien lustre, et ses droits et prérogatives. Il n'en fallait pas tant au brave et loyal M. Loisel, pour animer ses sentiments d'honneur. Son amour, pour son illustre et malheureux souverain suffisait. Il se dévoue, tout entier, à cette cause. Il jure au marquis de la Rouerie, qu'il le secondera, en raison de tous ses moyens physiques et moraux, et il a prouvé qu'il était homme de parole. A son retour, chez lui, il tient maison ouverte, il y traite les plus braves des patriotes, il les ébranle par ses raisonnements spécieux, et parvient à assurer, à la Coalition, plusieurs d'eux. Il voit également les vrais royalistes. Il les encourage, ranime les faibles, travaille les femmes et les vieillards, et détermine ceux-ci à verser des sommes, dans la caisse de la Coalition, pour contribuer à son succès. Le marquis de la Rouerie vient à Saint-Malo, pour y établir un comité. M. Loisel en est le premier membre. Sa maison est affectée, pour y tenir les assemblées. M. le marquis de la Rouerie lui laisse trente mille billets de la Caisse d'Escompte, de 1.000# chacun, faisant partie d'une plus forte somme, que M. de Calonne avait fait passer au dit marquis de la Rouerie. M. Loisel les échange contre de l'argent et des assignats, au risque de la vie, s'il avait été découvert. Il fait plusieurs voyages, au château de la Rouerie; il s'y trouve, toujours, aux instants les plus périlleux, et il y manifeste sang-froid, prudence et bravoure. Il fait , avec le marquis de la Rouerie, le tour de la Bretagne. C'est lui seul qui en fait le travail, par la connaissance multipliée qu'il y avait, à l'infini, tant dans les villes de premier ordre, que dans celles au-dessous, même dans les châteaux et bourgs de campagne, au point que le marquis de la Rouerie lui disait souvent; tu es, mon ami, le créateur de la Coalition. Il a encore fait, depuis le premier voyage, deux ou trois tournées de la Province, seul.

C'est d'après des preuves si sensibles d'attachements, que le marquis de la Rouerie lui délivre le brevet de Quartier-maitre de la Coalition de Bretagne, et le nomme à ce grade. Il suffirait de le transcrire, ici, pour donner la plus haute idée de M. Loisel, et le cas distingué qu'en faisait le marquis de la Rouerie; je me bornerai au préambule:

"pénétré de la parfaite confiance qui est due, aux principes qui ont dirigé votre excellente conduite, pendant le cours de la Révolution, le courage, la sagesse, l'activité, la générosité et le parfait dévouement , dont vous n'avez cessé de donner les preuves les plus évidentes, et en même temps les plus utiles, depuis que vous êtes entré dans l'Association Bretonne, pour l'avantage de la Religion, de la Monarchie, de Sa Majesté et de la Province de Bretagne, etc. "

Cette Commission est du 10 avril 1793, et confirmée par celle des Princes, frères du roi, du 1er juin suivant.

Au moi de juillet 1792, M. le marquis de la rouerie est forcé d'abandonner son château. Il devient errant et fugitif. Cet état alarme M. Loisel. Il quitte et abandonne situation, fortune, maison, pour aller auprès de son général, partager avec lui ses risques et sa situation. Elle devient cruelle. M. Loisel tombe sous un mandat d'amener. Il est dénoncé et signalé comme traître à la patrie, et devient proscrit, comme le marquis de la Rouerie. malgré cette prescription, il fait encore une tournée, en Bretagne, pour disposer les coalisés, au moment de se présenter, qui paraissait prochain. Il est assez heureux pour échapper à la surveillance de la Nation. Après ce voyage, il retourne, près de son chef, partager les chaumières, les hameaux et les forêts, et aussi, souvent, un morceau de pain sec, avant de dormir, au pied d'un chêne. Enfin, sur la fin de novembre, il passèrent à la Guyomarais. C'est là où périt, le 30 janvier 1793, le marquis de la Rouerie, d'une maladie que ses fatigues continuelles lui occasionnèrent M. Loisel lui donna tous ses soins, pendant 11 jours, qu'elle dura. ..

 

 Les nobles qui n'émigrent pas :

"Les nobles qui ne partent pas, s'ils ne sont pas des patriotes affirmés sont, à priori, considérés par les autorités comme des contre-révolutionnaires potentiels. En Bretagne, on reproche de ne pas avoir renié les serments et déclarations de janvier 1789 et on les écarte systématiquement de toutes les responsabilités administratives, judiciaires et militaires. Ils se confinent dans leurs châteaux ou se regroupent dans certaines villes comme Tréguier, Vannes, Saint-Malo et même Rennes où ils conservent de nombreux amis et clients, à tous les niveaux du corps social, formant des réseaux de complicités qui atténuent ou détournent les mesures administratives ou policières qui les concernent: contribution patriotique, effacement des blasons sur les façades de leurs hôtels, interdiction des livrées pour les domestiques, paiement d'un remplaçant pour le service de la Garde Nationale, etc. leur présence agace les patriotes et provoque des incidents quand ils refusent d'illuminer leurs fenêtres pour fêter la prestation de serment des autorités ou le 14 juillet 1790..."

(Source: La noblesse entre l'exil et la mort. Roger Dupuy Editions Ouest-France p47-48

 

 

Le marquis de la Rouerie:

Le 2 mars 1792, le marquis de la Rouerie reçut des frères du roi, à Coblence, une commission lui donnant tout pouvoir et commandement en Bretagne et dans les parties limitrophes en Bretagne et dans les parties limitrophes des autres provinces. Et dans cette commission les frères du roi demandent à la noblesse de l'Ouest de ne plus émigrer: "

"...que les services qu'ils pourront rendre au Roi et à l'Etat, en demeurant dans leurs provinces et en se réunissant à cette coalition de zèle et de fidélité, leur paraissent plus importants que ceux qu'ils pourraient rendre au-dehors; et qu'en conséquence, quelque honorables que soient les motifs qui, dans les premiers moments, ont déterminé plusieurs d'entre eux à venir se ranger sous les ordres de leurs Altesses Royales, elles désirent que le nombre n'en soit pas augmenté, et que les gentilshommes qui, pour des raisons également honorables, n'ont pas abandonné leurs foyers, évitent de prendre le parti de l'émigration.

Statue d'Armand TUFFIN, Marquis de la Rouërie à Fougères

 

Plaque de la maison où naquit Armand RUFFIN à Fougères

 

(Source: La noblesse entre l'exil et la mort. Roger Dupuy Editions Ouest-France p47-48

 

(2) Thérèse de la Villéon était la fille de Charles de la Villéon, chevalier, dont la mère était une de Goyon-Matignon.

Joseph-Anne Loisel. Un héros de la coalition bretonne 1752-1812. Even Erlannig. Coop Breiz 1994- Page 23