État sanitaire des prisonniers
(Page 1/3)

Pour enrichir la mémoire du passé, la partager et mieux comprendre l’Europe,le groupe P.G.A. de l'Université du Temps Libre de Bretagne recherche de nouveaux témoignages des P .G.A. eux-mêmes, ou en rapport avec les P.G.A. d'une manière générale, se rapportant à la capture, à la vie dans les camps à la garde des prisonniers, à l'aspect sanitaire, à la mortalité, au déminage, au travail, aux traces laissées par les P.G.A. : tableaux, peintures, écrits, correspondances personnelles, à leur retour au pays, aux difficultés de réinsertion etc... ( Nous recueillons également les mêmes informations sur les P.G. français et la Résistance en Bretagne pour un projet d'étude identique à celle des P.G.A.
Écrivez-nous
: jean.paul.louvet@orange.fr

Aspect médical dans les camps de P.G.A. rennais -( Page 1)

L'état physique des contingents de P.G. reçus des Américains de juillet à septembre 45-( Page 2)

Lettre du Général Juin envoyé aux autorités américaines ( Page 3)

Brief von General Juin an General John T. Lewis

Lettre du délégué de la Croix Rouge au Général de Gaulle le 26 septembre 45

Les tabous de l'histoire


ASPECT MÉDICAL DANS LES CAMPS DE P.G.A. RENNAIS

Étude du Dr Leray, chercheur du groupe P.G.A à l'Université du Temps Libre du pays de Rennes(2 octobre 2000)

PRÉAMBULE :

Selon la convention de Genève du 27 juillet 1929, les membres du personnel sanitaire capturés ne sont pas traités comme prisonniers de guerre et doivent en principe être renvoyés à leur puissance d'origine. Toutefois, la convention de Genève permet aux belligérants de s'autoriser mutuellement à "retenir dans les camps, des médecins et infirmiers chargés de soigner leurs compatriotes prisonniers (article 14), avec pour but d'améliorer l'état sanitaire de leurs coreligionnaires avec l'avantage de parler leur langue"

Le régime du personnel sanitaire est spécial et comporte des avantages de solde et de logement. En outre, des facilités de circulation sont accordées peu à peu pour le service, à l'extérieur des dépôts.

A partir du mois d'octobre 1947, les sorties hors du service , même en tenue civile, sont accordées à tous les médecins, dentistes, pharmaciens, y compris ceux des hôpitaux.

ORGANISATION MÉDICALE GÉNÉRALE

La répartition du personnel médical reste décentralisée à l'intérieur des directions régionales. La proportion officielle est de 1 médecin et 1 infirmier pour 1.000 P.G. Il y a 1 dentiste par dépôt. Cette répartition officielle est-elle respectée à Rennes ? Il est bien difficile de le dire.

On estime à environ 100.000 P.G.A. ayant transité dans les camps Rennais. Il existait deux camps principaux : le camp 1101 dit de "la Motte aux Chanceliers" situé route de Lorient et le camp 1102 dit "de la Marne" près du camp de Verdun, et plusieurs autres camps annexes.

Les P.G.A. vivaient dans des cages (baraquements ou groupe de baraquements) au nombre de 3 dans le camp 1101 et de 15 dans le camp 1102. Dans chaque camp, existait une infirmerie centrale, dirigée par un médecin allemand, et dans chaque cage était installée une petite infirmerie, à laquelle était attaché un poste de secours pour le traitement des cas légers. Les malades les plus gravement atteints étaient dirigés vers l'hôpital Régional situé à la Prévalaye, mais surtout vers l'Hôpital Militaire ( hôpital de HPS) occupant l'école des filles de la rue Jean Macé

Dans le camp 1101, le nombre de lits disponibles dans la cage A était de 70, de 40 dans la cage B et de 20 lits dans la cage C, alors qu'il y avait environ 150 lits dans l'infirmerie centrale. On ne sait pas combien l'Hôpital de la Prévalaye disposait de lits. Nous n'avons pas trouvé dans les archives beaucoup d'éléments concernant cet hôpital. Il n'existe qu'une note de la C.I.C.R. qui l'a visité le 4 mai 1946, et rédigée ainsi : "Malades sous tente dans de mauvaises conditions, manque de lumière, de confort et d'aération, installation de nouvelles baraques en cours."

EFFECTIF MÉDICAL ET PARAMÉDICAL

Les médecins des camps étaient sous la responsabilité de deux médecins Français : le Docteur Fresnau et Mabin qui supervisaient l'ensemble du personnel médical allemand. Combien étaient-ils ? Il est difficile de le préciser car le nombre changeait en fonction du nombres de prisonniers et selon les années.

Les chiffres diffèrent selon les sources émanant de la C.I.C.R. ou des Médecins-chef des camps. Ainsi, la C.I.C.R. a visité a visité les camps 1102 le 23 mars 1946 et a compté 10.250 prisonniers, dont 442 à l'hôpital et 146 à l'infirmerie. Le personnel médical se décomposait ainsi : Médecins : 10, Dentiste : 1, Pharmacien: 1, Infirmiers : 23, D'après le journal de marche du camp, il en ressort qu'il y avait jusqu'en août 1946, 9 médecins, et 24 infirmiers, du mois d'août 1946 au mois de février 1947 : 8 médecins et 20 infirmiers, de février 1947 à août 1947 : 6 médecins et 14 infirmiers, du mois d'août 1947 au mois de novembre 1947 : 3 médecins et 12 infirmiers et à partir de novembre 1947 : 2 médecins et 7 infirmiers, cette diminution de l'effectif étant parallèle au nombre de PGA, beaucoup de ces derniers, surtout depuis novembre 1947 étaient rapatriés dans leur pays d'origine.

Lors de la visite du camp 1101, la C.I.C.R. notait la présence de 5.600 prisonniers, et il y avait alors 10 médecins, 2 dentistes, 1 pharmacien et 36 infirmiers. Ce jour-là, le nombre total de malades était de 440. On peut noter à ce propos que ce camp était "privilégié" car il disposait de 10 médecins pour 5.600 prisonniers, alors que le camp 1102 disposait, lui, pour un nombre double de P.G.A. (plus de 10.000) du même nombre de médecins.

Le nombre de malades vus par jour, était très irrégulier, variable selon la période de détention, l'apport alimentaire, les conditions climatiques, les conditions d'hygiène, et aussi l'arrivée épisodique de PGA venant d'autres camps, en particulier d'Allemagne et arrivant à Rennes dans un état déplorable.

Ainsi, il est noté dans le journal de marche du camp 1102, une moyenne de 75 malades à la visite entre le 15.6.1945 et le 15.7.1945 et 55 entre le 15 7 1945 et le 1.8.1945. Parfois, le nombre était plus important, grimpant à 200, voir même 300 par jour. Et même le nombre d'admissions dans les infirmeries des camps ou à l'hôpital, soit à celui de la Prévalaye, ou à l'hôpital militaire, est variable.

Nous avons relevé pour le camp 1102 quelques chiffres concernant les arrivées allant de 1945 à 1947. Ainsi, pour la période du 15 7 1945 au 15 8 1945, il y a eu 411 entrées dans les hôpitaux et 26 à l'infirmerie. 102 décès ont été constatés. Entre le 16 novembre 1945 et le 15 décembre 1945 : 395 hospitalisations et 182 entrées à l'infirmerie. Entre le 16 12 1945 et le 16 1 1946 : 350 hospitalisations et 198 entrées à l'infirmerie. Entre le 16 12 1945 et le 16 1 1946 Entre le 16 1 1946 et le 15 2 1946, il y a eu 414 hospitalisations à l'hôpital de la Prévalaye, 8 à l'hôpital civil et 107 entrées à l'infirmerie. Du 16 2 1946 au 15 3 1946 : 433 hospitalisations à l'hôpital de la Prévalaye, 9 à l'hôpital civil et 146 à l'infirmerie. du 16 4 1946 au 15 5 1946 : 580 hospitalisations et 186 entrées à l'infirmerie. Enfin, du 1 2 1947 au 28 2 1947 : il y a eu 197 hospitalisations à la Prévalaye, 26 à l'hôpital civil et 144 à l'infirmerie. Ainsi, comme on le voit, ce n'est qu'à partir du début de l'année 1947 que l'on constate une nette diminution du nombre de malades ayant nécessité soit une hospitalisation, soit une admission à l'infirmerie.

Les conditions de vie dans ces camps étaient très difficiles, surtout au début de leur installation. Lors de la rétrocession des camps par les autorités américaines aux autorités françaises, à la fin du mois de juin 1945, le médecin-chef du camp 1101, notait que l'état de santé en général était mauvais. Les américains ayant emporté avec eux une grande partie de leur matériel, les PGA couchaient dans des trous qu'ils creusaient eux-mêmes, ou le plus souvent, à même le sol, sans paille au départ, abrités sous des tentes.

Les places étaient si étroites, écrit un ancien P.G.A. "qu'ils étaient obligés de s'étendre partiellement sur un voisin" Petit à petit des baraquements en bois ont été construits. Les tinettes étaient vidées chaque jour dans la vilaine. les poux pullulaient. Les prisonniers se plaignaient de la rareté des points d'eau qui étaient aussi de mauvaise qualité. Cependant, il existait des tentes aménagées en salle d'eau, mais utilisables de 7 à 8 heures le matin.

L'état sanitaire fluctuait beaucoup, ainsi qu'en témoigne le médecin-chef du camp 1101 "Au début du mois de juin 1945, arrive dans ce camp, venant de Kreuznach en Allemagne, un convoi de prisonniers malades, affamés, et très affaiblis par une sous-alimentation entraînant un nombre important de décès ". Avec la venue en septembre 1945 de nouveaux arrivants, toujours en provenance de Kreuznach, mais dont l'état physique était correct, le nombre de décès et de malades a diminué.

Mais à nouveau, à partir du mois de janvier 1946, il existe une aggravation générale de l'état de santé des P.G.A. avec l'arrivée des prisonniers du camp 1102 qui étaient proposés pour le rapatriement en raison de leur très mauvais état et qui amenaient avec eux leurs poux et leurs différentes maladies. Mais une amélioration se fait sentir au bout de 4 mois grâce à la désinfection, à l'augmentation des rations journalières et à l'octroi de 8 à 10 litres de lait pour l'infirmerie. Le médecin-chef notait qu'en avril 1946, il n'existait pratiquement plus de sous-alimentation.

Le manque de nourriture était en effet un problème crucial. Il a pu y avoir de la part des gardiens, mais certainement très rarement, et par vengeance, la volonté de faire mourir de faim leurs prisonniers, mais lorsqu'il y a disette, voire famine, chez les prisonniers, c'est qu'aussi la puissance détentrice est elle-même en situation alimentaire de manque.

La C.I.C.R. envoyait des colis, mais parfois ceux-ci arrivaient diminués de leur contenu. Dans les lettres des anciens PGA, dans les compte-rendus de la Croix Rouge, le leitmotiv est toujours le même : sous alimentation et parfois même famine.

 Voici un menu journalier décrit dans une lettre par M. Fusshöller, ancien PGA "le ravitaillement était limité comme suit : le matin : du café fort, le midi une louche d'une soupe faite avec de l'eau dans laquelle flottaient quelques feuilles de choux, ou pour changer quelques carottes , et le soir occasionnellement un peu de pain. La faim dans tout le camp devenait si insupportable que le dernier brin d'herbe et même de mauvaise herbe était arraché et dévoré"

Il y eut une amélioration générale dans l'état sanitaire, lorsque des portions supplémentaires ont été accordées, se composant de 70 à 80 biscuits et de 3 ou 4 œufs hebdomadaires, pour chaque homme. La ration calorique n'était pas identique d'un camp à l'autre. Ainsi dans le camp 1101, les prisonniers reçoivent 1.800 calories par jour. Dans le camp de la Motte (annexe du camp 1101) la ration est de 1.200 calories en mars 1946, alors que dans le camp 1102, les prisonniers qui travaillent perçoivent 2.000 calories/jour et les non-travailleurs 1.850 calories.

Cette alimentation comportait un pourcentage assez important de farine de soja, mal supportée par le tube digestif de ces hommes affaiblis, ce qui déclenchait bon nombre de diarrhées. A partir du moment ou la ration alimentaire a été plus conséquente, il y a eu une nette diminution du nombre de décès.

Voici par exemple un graphique du dépôt 1102, portant sur 20 mois montrant l'effet d'une alimentation améliorée sur l'état de santé des P.G.A. :

L'augmentation des rations en août 1946, passant de 1.400 à 2.000 calories a un effet positif dès le début du mois de septembre 1.945. Ainsi, on note 300 décès sur un effectif de 14.996 prisonniers début septembre 1945, pour arriver à 155 décès sur un effectif de 17.600 en octobre 1945.

La diminution du nombre de décès se confirme en novembre puisque l'on note 115 décès pour 15.939 prisonniers. 5 décès sont enregistrés en avril 1946 sur un effectif de 11.176. En octobre 1946, alors que la ration dépasse les 2.200 calories, on ne note pratiquement plus de décès.

Le manque d'hygiène associé à une sous-alimentation ont entraîné chez ces hommes affaiblis et vivant dans des installations précaires, de nombreuses maladies et beaucoup de décès, d'autant plus que les médicaments manquaient et qu'ils ne possédaient pas l'efficacité de ceux d'aujourd'hui.

Les maladies rencontrées dans les camps de Rennes étaient les maladies communes à toutes les captivités. Au début de l'installation des camps, on assiste à de véritables épidémies d'affection principalement intestinales et pulmonaires et à de nombreux décès dus à la malnutrition.

Puis à partir des mois d'avril et mai 1.946, on peut constater comme le signale le médecin-chef du dépôt 1102 : "une amélioration générale dans l'état sanitaire des P.G.A., grâce à des conditions météorologiques de plus en plus favorables et aux rations supplémentaires accordées. "

La misère physiologique avec la sous-alimentation entraînaient des maladies de carence, avec apparition d'oedème, de cachexie, évoluant rapidement vers la mort, ainsi que le scorbut dû à l'absence de vitamine C.

Parmi les maladies infectieuses et parasitaires, les plus fréquentes étaient les affections digestives, telles que la fièvre typhoïde (par exemple, on a dénombré le 26 juin 1945 dans le camp 1102, 60 morts de fièvre typhoïde ayant entraîné 29 décès. De même, les dysenteries étaient fréquentes, sans compter les nombreuses diarrhées simples, non parasitaires liées à une intolérance digestive.

Parmi les autres maladies infectieuses, la diphtérie semblait assez courante. les septicémies se rencontraient de façon variable. Parmi les affections pulmonaires, la tuberculose faisait des ravages, surtout jusqu'au début de l'année 1946. Beaucoup de P.G.A. étaient aussi atteints de pneumonies et de bronchites.

Sur le plan dermatologique, les affections les plus fréquemment retrouvées étaient la gale , les eczémas, la furonculose. Les plaies des parties molles s'infectaient facilement. Plusieurs cas de tétanos ont été décrits. de même des cas de coma hypoglycémique, ainsi que de nombreuses néphrites. Les blessures par balle ou par éclat d'obus cicatrisaient mal.

Le psychisme jouait aussi un grand rôle, tantôt de façon négative, certains n'ayant plus la force de lutter du fait de leur état physique et aussi de l'absence des nouvelles de leur famille se déprimaient. D'autres étaient victimes de ce qu'on a appelé le "delirium des barbelés" tiraillés par la faim et plus ou moins conscients, ils essayaient de sortir du camp en grimpant sur les grillages et étaient abattus par les sentinelles.

D'autres, au contraire puisaient dans leur mental une force qui les sublimait et qui leur a permis de survivre, car ils avaient trouvé une "philosophie de protection" A ce propos, voici un extrait de témoignage édifiant du jeune Heinz, T. , 18 ans, qui, alors qu'il était hospitalisé en Allemagne, a été pris vêtu seulement d'un short et pieds nus, et qui était arrivé à Rennes en mai 1945, après 3 jours de voyage en train : "J'avais trouvé un morceau de tissus dans une des baraques et je pouvais écrire dessus. J'ai découvert que je comprenais tout ce que j'écrivais, mais dès que je l'effaçais, cela s'effaçait aussi de ma mémoire. Ne pas se souvenir des choses, c'était le premier signe d'épuisement. C'était affreux. J'effaçais et je n'étais plus capable de me rappeler ce que je venais d'écrire et de comprendre. Je n'étais pas déprimé, c'était juste la malnutrition. Mes amis dans le camp qui étaient plus âgés que moi, ont écrit à mes parents par la suite lorsqu'ils sont rentrés en Allemagne, pour leur dire que j'étais incroyablement enjoué et que je leur remontais le moral parce que je n'étais pas déprimé.

Lorsque l'hiver est arrivé , on était toujours dans ce camp et j'avais déjà mis au point une philosophie de protection . On pensait qu'ils allaient nous embarquer pour les Etats-Unis . Je comprenais qu'on était là pour longtemps et chacun avait son propre système de défense, alors je me dis : bon, on est en train de tourner un film sur la captivité, je suis un acteur. Je peux m'en aller quand je veux, mais si je pars avant la fin, je ne serai pas payé, alors je reste jusqu'au bout. J'avais déjà joué des petits rôles dans des films pour la jeunesse à Berlin. je savais un peu comment ça marchait, alors je me persuadais que c'était comme ça.

Beaucoup de Français passaient sur la route près de la voie ferrée menant à Rennes. Devant le camp, ils nous dévisageaient et on les regardait et finalement je me dis que c'était comme au zoo, sauf qu'on ne savait pas de quel côté étaient les singes.

J'ai fini par voir les barbelés non comme quelque chose qui nous empêchait de partir, mais comme quelque chose qui empêchait d'entrer ceux dont on ne voulait pas. Toutes ces recettes n'étaient que de petites béquilles, mais dans une situation pareille , il faut pouvoir s'accrocher à quelque chose.

Alors, tard, quand la faiblesse s'est installée vraiment et que le plus petit mouvement nous faisait perdre conscience , on calculait combien de temps on restait évanoui. La malnutrition devenait tellement grave que le geste le plus infime, exécuté trop rapidement nous faisait tomber dans les pommes. La première fois que ça m'est arrivé, on était assis au soleil sans avoir rien à faire, absolument rien. Je me souviens que je me disais, alors qu'on était tous assis sur le sol : bon, il y a encore six heures jusqu'à la soupe et puisqu'il n'y a rien à faire, pas de livre ni rien d'autre, je me dis bon :si je fais ce mouvement rapide avec mon bras, je resterai évanoui trois bonnes heures, si je recommence en me réveillant, cela fera encore trois heures, donc six heures en tout. Je serai inconscient pendant six heures, effacées de ma période de captivité.

La nourriture était tellement rare que les gens étaient en général malades et, quand vous étiez malades, on vous emmenait à l'hôpital. Quand les gens étaient amenés à l'hôpital, on ne les voyait jamais revenir. Sur les 100.000 prisonniers détenus à Rennes, il y en a eu certainement une partie qui sont morts, et même une bonne partie, mais je n'ai jamais trouvé le moindre cimetière. "

Pour traiter les différentes maladies, les médicaments étaient rares, surtout au début de l'installation des camps. Jusqu'à la fin 1946, ils provenaient en général des résidus des dépôts allemands et américains, et plus tard des livraisons françaises et de la C.I.C.R. Pour améliorer l'hygiène il y avait du chlorure de chaux, du crésyl, du D.D.T.. Sur un compte-rendu de visite de la C.I.C.R. au camp 1101, en date du 21 mai 1946, il est noté : "médicaments manquants : sulfamide, glucose en poudre, vitamine C, plasma et pansements". Mais par la suite, la situation s'est arrangée et le médecin-chef du camp 1102, notait le 6 juin 1948 : "Bonne réserve de médicaments dans l'infirmerie"

Beaucoup de P.G.A. avaient un état dentaire défectueux et les dentistes malgré leur peu de moyen, arrivaient à effectuer des soins de façon correcte, et qu'ils prodiguaient aussi parfois à des civils Français.

MORTALITÉ :

"Les camps de RENNES n'étaient ni pire ni meilleur que les autres camps installés en France et meilleur que ceux tenus par les Américains" écrit James Bacque (dans son livre "Morts pour raisons diverses") Cependant dans un livre publié par la D.K.K. (Croix Rouge Allemande) et édité d'après un manuscrit de Monsieur Scholl de Bonn "le camp de Rennes est décrit comme "le pire" avec un chiffre de morts de 5.000 et peut-être même de 12.000 ! " Est-ce possible ? Il est difficile de connaître avec précision le nombre de P.G.A. décédés en captivité à Rennes. Les sources dont nous disposons actuellement ne permettent de comptabiliser à coup sûr que 1 155 morts après la libération au mémorial du Mont d'Huisnes , dans la Manche ( face au Mont St Michel)

Page d'accueil | Page 1 | Page 2 Page 3 || Haut de page |

 

Pour enrichir la mémoire du passé, la partager et mieux comprendre l’Europe,le groupe P.G.A. de l'Université du Temps Libre de Bretagne recherche de nouveaux témoignages des P .G.A. eux-mêmes, ou en rapport avec les P.G.A. d'une manière générale, se rapportant à la capture, à la vie dans les camps à la garde des prisonniers, à l'aspect sanitaire, à la mortalité, au déminage, au travail, aux traces laissées par les P.G.A. : tableaux, peintures, écrits, correspondances personnelles, à leur retour au pays, aux difficultés de réinsertion etc... ( Nous recueillons également les mêmes informations sur les P.G. français et la Résistance en Bretagne pour un projet d'étude identique à celle des P.G.A.
Écrivez-nous
: jean.paul.louvet@orange.fr

 

Ed: 01/04/2008