Les évasions

Ed:22/11/2014
 

Le bilan sur les évasions
Les évasions dans le camp 1102 de Rennes
L'organisation des commandos
Les évasions dans les commandos en Ille et Vilaine
Les amendes à l'évasion. Les primes à la capture
Revue de presse

Lien externe: Les évasions des prisonniers de guerre de l’Axe au cours de l’année 1946 (document pdf)

Le bilan sur les évasions

"Avec un personnel de garde militaire extrêmement limité et des gardiens civils de médiocre valeur, embauchés par les employeurs civils ,le nombre d'évasions de P.G. fut assez important. Les prisonniers profitaient du relâchement de la surveillance sur les chantiers de travail. Les P.G. qui étaient bien traités s'évadent peu; ceux qui sont maltraités s'évadent beaucoup, parfois pour revenir au dépôt et changer d'employeur".

 

A la date du 1 juillet 1948, le nombre de P.G. évadés étaient de 171 029.

Une tentative d'évasion sur deux réussissait.

"Sur ce nombre 89 522 avaient été repris .81 507 soit 8% de l'effectif total des PG ayant été détenu en mains françaises ont été rayés des contrôles après leurs évasions"

Le bilan sur les évasions dans le camp 1102 de Rennes
(Source: Livre de marche du camp 1102)

715 évadés dont 651 repris
( Comptage arrêté en février 47)

Dessin d'un prisonnier du camp de Clermont-Ferrand

L'organisation des commandos

"Seuls sont gardés par la troupe les P.G. des dépôts et quelques grands commandos, en particulier les camps miniers. La grosse majorité de P.G. au travail est placée sous la responsabilité de l'employeur.

...Pour éviter la dissémination des P.G. au milieu de la population française, on organise des commandos.L'organisation de ceux-ci est calquée sur celle des dépôts. faute d'effectifs militaires suffisants, on dut inviter les employeurs à recruter des gardiens civils autorisés à porter des armes. mais le recrutement de ces gardiens s'avéra vite difficile, les candidats à ces emplois ne furent pas tous d'une moralité irréprochable et les incidents ne manquèrent pas.

On cherche à grouper en commandos, non seulement les P.G. des grosses entreprises employant des effectifs élevés, mais aussi les P.G. isolés employés par les petits patrons d'une même localité.L'employeur ou un de ses préposés vient le matin prendre en charge son ou ses P.G. et les ramène au commando le soir...

L'expérience a prouvé que ce système facilite les évasions parce que le P.G. qui s'intéresse à son travail éprouve des scrupules à quitter un employeur chez qui il loge et où il est considéré comme faisant partie de la maison, tandis que rien ne le retient de s'évader d'une enceinte où il n'est qu'un numéro derrière les barbelés.

On en arrive à généraliser l'emploi du P.G. isolé, surtout dans les communes rurales : l'employeur responsable de son P.G. le loge chez lui, parfois il l'enferme à clef le soir ;en cas d'évasion, il paie 1 500 F pour frais de recherche..

Le nombre d'évasions n'a pas augmenté à la suite de la suppression de commandos groupés, au contraire.

 

Les évasions dans les commandos en Ille et Vilaine

Très peu d'évasions sont constatées dans les quelques commandos que l'on a retrouvés.

Romagné:Dans ce commando 300, 4 évasions ont été constatées pour un effectif de 50 P.G , 2 dans la nuit du 5 au 6 Août 46 et 2 autres le 10 septembre 46.

Bourbarré: 2 évasions

Iffendic: 3 évasions dont 2 furent repris

Lanhélin:Une seule tentative d’évasion, qui fut réprimée si férocement par le groupe, qu’il fallait le séparer de ses camarades et le ramener à Saint Malo.

 

Prime à la capture-Amende à l'évasion

Une prime de 1500 F fut instituée pour récompenser les capteurs de PG évadés. cette prime était acquise sur constatation d'une capture par le Commandant du dépôt de PG, le Maire ou la Gendarmerie.

Les évasions se multipliant et étant dues surtout à un défaut de surveillance des employeurs civils, il fut décidé pour rendre ces employeurs plus vigilants, de les tenir désormais pour responsables pécuniairement de l'évasion des PG employés par eux..
Cette amende à l'évasion était fixée à 1 500 F qui était due par l'employeur pour tout PG évadé, employé par lui.(En août 45, 15.000F sont payés par le camp 1002)


Articles de presse sur les évasions au camp 1102 de Rennes

Ouest-Journal du 25 novembre 1945 :

118 Évasions au camp de prisonniers de la Gaîté à Saint Jacques?

Il ne peut s’agir que de bobards, car si c’était vrai, ce serait vraiment un peu fort. Vous trouvez pourtant des gens sérieux, en ville, qui vous affirment l’authenticité  de ce qui suit : Nous nous contentons nous, de poser des questions. Est-il vrai qu’au camp de prisonniers (camp 1102) près de la Gaîté, des évasions de nuit soient fréquentes ?-Est-il vrai que, précédant ces évasions, des signaux lumineux partent des camps et qu’après ces signaux, d’autres signaux répondent de l’extérieur ?Est-il vrai que la même nuit, 118 évasions ont eu lieu ? Est-il vrai que des automobiles attendent des évadés non loin du camp et les emmènent de suite vers une destination lointaine et inconnue. Est-il vrai que le commandant du camp s’est ému et a fait lui-même des rondes de nuit ? Mais que ces nuits-là ne furent naturellement, ni évasions, ni signaux lumineux ? Est-il vrai que pour empêcher les évasions, des trappes furent creusées autour du camp et que dans ces trappes  ne tombent jamais qu’un officier de ronde qui n’en est pas encore revenu ? Nous répondrons, Non, ce n’est pas vrai, car ce ne peut-être vrai ! et nous nous ferons volontiers l’écho en ces colonnes du démenti officiel que l’autorité compétente ne nous manquera pas de nous faire tenir.


(Ouest France)

7/8/sept 46- Arrestation de deux prisonniers allemands

"Deux prisonniers allemands ,les nommés Vobet Aloes 26 ans et Lamprecht, 24 ans, qui s'étaient évadés, il y a plusieurs jours du camp de Lorient ont été arrêtés hier après-midi au Jardin des Plantes et mis à la disposition du service du camp de St Jacques de la Lande


Ouest France du 11/3/1947

Cinq prisonniers évadés de Rennes faisaient du tourisme en voiture automobile

Ils sont arrêtés près d'Orléans

Lundi matin, alors qu'elle effectuait un contrôle de la circulation, sur la route nationale Orléans-Paris à Saran, près d'Orléans, la gendarmerie a arrêté une conduite intérieure militaire, occupée par cinq civils.

Les agents demandèrent la carte grise de la voiture. Mais le conducteur se montra fort embarrassé, ce qui ne manqua pas d'alerter le chef de patrouille. Les passagers de l'auto furent à leur tour interrogés; mais vainement et pour cause:ils ne parlaient pas français.

Un rapide interrogatoire du chauffeur qui lui, s'exprimait de façon très correcte en notre langue, permit de se rendre compte que l'on avait affaire à cinq prisonniers allemands qui regagnaient en touriste leur patrie.

Internés au dépôt de P.G. 1102 à Rennes, ils avaient quitté cette ville dans la nuit du samedi à dimanche dans l'auto du commandant.

La randonnée ayant pris fin, tous cinq ont été internés au dépôt de P.G. 51 à Orléans, où ils ont retrouvé cinq autres prisonniers allemands également évadés et arrêtés dans un camion militaire parti de Montlhéry et arrêtés à Engeville. Sept autres P.G. qui occupaient ce camion ont réussi à prendre la fuite.


Ouest France du 12/3/1947

  • L'évasion des P.G. allemands

Nous avons publié hier une dépêche d'agence indiquant que cinq prisonniers allemands évadés avaient été arrêtés à Orléans, dans la voiture automobile du commandant du camp 1102 dont ils dépendaient.En réalité, ces cinq amateurs s'étaient évadés d'un commando de Guer(Morbihan) dans une voiture qu'ils avaient volée, dans la nuit de vendredi au samedi, à un commandant des services du camp de Coetquidan.

 

14/nov 46 Les quatre prisonniers évadés de Plouguerneau ont échoué à l'île de Wight

  1. Londres. On se souvient que quatre prisonniers allemands s'étaient récemment évadés de la région de Plouguerneau à l'aide d'une barque volée. Ils avaient abordé Cowes, dans l'île de Wight. Ils ont été finalement repris hier soir dans une maison située sur la falaise.

Sources documentaires:Rapport du Gal Buisson