Les "colons" allemands prisonniers
dans le camp de Margueritte de Rennes

En novembre 1944 des familles allemandes avec enfants internées au camp de Schirmeck en Alsace. Elles sont envoyées  le 22 janvier 1945 dans le camp départemental des internés administratifs Margueritte de Rennes qui servait  de camp de détention pour des civils français et allemands. Nous reproduisons une pétition rédigée  par Fritz Else en mars 1945, internée allemande de la baraque n°9, qui dénonce les conditions de leur captivité et exprime leur détresse morale et physique..

On y apprend que plus de 70 enfants allemands étaient soignés à l'hôpital...

En mars 1945 ,1270 civils étaient internés dans ce camp (562 Français et 708 Allemands  dont plus de 140 femmes venant d'Alsace) . La majorité des hommes avaient été arrêtés  par les Américains dans la poche de Brest. Quelques  femmes avaient été ramenées par des prisonniers de guerre   français

 

Pétition de femmes allemandes internées dans la baraque n° 9 du camp de Margueritte de Rennes le 9 mars 1945

Description du camp

Poème(Traduction française_Version allemande)

Articles de presse:
Sept cents Allemands qui voulaient "coloniser" l'Alsace, au camp de Margueritte
400 Allemands internés au camp Margueritte. Hommes, femmes et enfants ont quitté Rennes hier pour être rapatriés

Pétition de femmes allemandes internées dans la baraque n° 9 du camp de Margueritte de Rennes le 9 mars 1945 (1)

(Traduction: Alain Duros)
Version en allemand
drap-ge-20.jpg (5147 octets)

Nous soussignées les femmes du baraquement n°9, avons appris lundi dernier avec grande joie de la bouche de nos compagnes d'infortune des baraquements n°10,11et 12, qu'elles pourraient bénéficier de divers assouplissements et améliorations aux dures réglementations imposées jusqu'à maintenant, à savoir rester dehors sans limitation à partir de 9 heures le matin, la possibilité à tout moment de garder le lit si l'état de santé l'exige, et pour les femmes mariées dont les maris se trouvent dans le camp, la grande joie de pouvoir leur parler au moins une heure chaque dimanche. Alors que nous avions supposé tout simplement, que cette réorganisation concernait aussi le baraquement n°9, que ne fut pas notre étonnement, lorsque nous apprîmes que rien ne devait changer pour nous et que suite à une intervention de Madame Kreutzer, seulement une demi-heure de plus de sortie de 8h30 à 9 heures nous était accordée, en précisant que les femmes françaises, sans enfants au camp, étaient soumises au même règlement. Nous élevèrent alors les plus énergiques protestations contre une telle assimilation.

Si les détenues politiques françaises dans la situation actuelle, ont été accusées à juste titre, si on peut dire, de leur coopération avec l'Allemagne pendant l'occupation, nous autres par contre, femmes allemandes, ne sommes en rien responsables du sort actuel de la France. Si nous ne comprenons pas pourquoi nous avons été déplacées ici, il nous est d'autant plus incompréhensible que nous devions de plus être punie, seulement pour la raison que nous sommes allemandes. Si dans les camps pénitentiaires français de détenus politiques les règlements sont émis par des autorités supérieures, dans notre camp par contre la situation causée par notre présence doit être laissée, mon Commandant, dans son interprétation, à votre appréciation. Partant de ce point de vue, qui devrait être défendable conformément à un contrôle international, nous nous permettons, mon Commandant, de vous transmettre cinq demandes qui concernent en partie notre baraquement seul et en partie aussi, nous, les détenues allemandes uniquement.

  1. Nous demandons que la sortie fixée pour nous de 8h30 à 9h00 soit avancée de 7h30 à 8h00.

    Raison invoquée:
    Notre baraquement est le seul à ne pas avoir un petit local séparé, si bien que le seau mis à notre disposition doit être mis au milieu de nous. Après avoir passé une nuit de 12heures dans cet air particulièrement vicié, il devait sembler évident que nous puissions sortir du baraquement pour satisfaire nos besoins naturels et pour que le baraquement soit aéré jusqu'au café matinal. Cela porte atteinte de façon insupportable à notre pudeur, d'être forcées à cause des règlements actuels d'utiliser le seau hygiénique dans la journée.
    Nos horaires de sortie devraient être fixés de façon à ce qu'il soit possible à celles d'entre nous à peu près bien portantes d'aller satisfaire leurs besoins dans le bâtiment construit à cet effet, comme de toute façon nous pouvons sortir de 10h à 11h, en donnant une suite favorable à notre demande ci-dessus, il serait en quelque sorte tenu compte de la satisfaction de nos besoins naturels dans la journée.

  2. Nous vous demandons de pouvoir sortir sans restriction de 13h à 15heures et de 16h à 19h.

    Raison invoquée:
    Notre baraquement avec son sol en ciment et ses fenêtres tendues de papier, n'est, comme tous  les autres baraquements, pas chauffé et pour cela particulièrement humide. Par temps de pluie, l'eau pénètre par le sol en ciment et a formé au cours des jours et des semaines une mare permanente. Cette très forte humidité a pénétré nos pauvres paillasses, nos vêtements suspendus, nos valises en y provoquant des dommages. Presque toutes les femmes du baraquement, qui sont pour la plupart âgées de 50 à 68 ans, sont tombées malades à cause de ce séjour prolongé dans ce froid humide et souffrent soit d'engelures aux membres, soit de rhumatismes.
    Par ailleurs nous en avons parmi nous qui souffrent de la vessie, des reins et du bas-ventre et pour qui, il est urgent de tenir le corps au chaud pour prévenir une détérioration de leur état. Quelques unes d'entre-nous qui viennent de subir une grave opération ont le droit de garder le lit si besoin était, alors que la grande majorité, malgré de graves ennuis de santé n'a même pas le droit de se réchauffer les pieds sous les couvertures, même pendant les jours les plus froids. C'est pourquoi, il est indispensable qu'on nous donne la possibilité de prendre un peu d'air et de soleil.
    Si vous ne pouvez pas mon Commandant, accepter cette demande bien compréhensible dans sa totalité, nous vous demanderions au moins de rendre moins rigoureuse l'interdiction de sortie de 16h à 19h, en nous permettant de marcher au soleil devant notre baraquement par beau temps, ce qui fait une longueur de trente pas. L'exposition au soleil est particulièrement nécessaire pour notre corps affaibli par un internement ininterrompu depuis le 26 novembre 1944 et par un manque critique de nourriture.

  3. Nous vous demandons de bien vouloir améliorer notre ordinaire notoirement insuffisant.

    Raison invoquée:
    Il est poignant de voir les enfants allemands avec leur visage pâlot, leurs yeux cernés, leur ventre proéminent et leurs jambes maigres. Maintes fois depuis le 26 novembre, ils ne purent obtenir de la nourriture en quantité insuffisante pour le développement de leur corps, et en général ils n'eurent aucune nourriture.
    Leur état s'est aggravé de façon alarmante, alors que leur santé était à peu près satisfaisante dans le camp de Schirmeck, le ravitaillement ayant été confié par le commandement local à deux personnes internées, qualifiées, diplômées d'état, ayant une grande expérience, la nourriture distribuée chaque jour le mieux possible, dans une cuisine  aménagée à cet effet, aux jeunes enfants et nourrissons, était de 60 litres de lait frais, en plus de cela des conserves, du sucre, de la semoule, des flocons d'avoine, de la maïzena, des biscottes et du pain blanc.
    Depuis le départ de ce camp sept enfants sont déjà morts et ont dû être enterrés en France. Nous voyons le cœur gros, ces pauvres êtres dépérir et nous envisageons le pire pour eux lors de la saison chaude. Même si l'on ne devait pas se plaindre à l'avenir auprès de la direction du camp d'une augmentation de la mortalité infantile, il devrait cependant intervenir rapidement un changement déterminant dans la nourriture. Il a déjà été constaté, maintes fois, par le médecin des cas de typhus dus à la faim chez les enfants, mais il ne nous a pas été fourni d'huile de foie de morue, bien qu'une collecte pour s'en procurer ait rapporté 1.000 francs. Sur ces entrefaites, les cas les plus graves ont été traités à l'hôpital où se trouvent temporairement 70 enfants allemands.
    Chez les femmes aussi des signes de très grande faiblesse  dus à la sous-alimentation se sont manifestés par des évanouissements. Les repas qui   jusqu'au 8 mars 1945, midi et soir, se composaient de la même soupe. Les jours d'après, nous avions souvent des pommes de terre à part, notoirement insuffisantes et comme les repas sont de valeur nutritive réduite, de plus manquant de sel et plus ou moins brûlées, ils sont difficilement mangeables. On nous a assuré plusieurs fois que nous recevions la même nourriture que les détenus français. D'après les observations des femmes allemandes étant à la cuisine, cela ne correspond pas à la réalité, car nos repas ne sont pas puisés aux récipients où flottent des morceaux de graisse. La viande, qu'on nous distribue le jeudi et le dimanche n'est même pas cuite dans notre soupe, si bien que nous n'avons pratiquement que des fibres de viande, alors que d'autres profitent d'un bouillon.
    Nous ne pouvons nous empêcher de maintenir, qu'à Rennes nous n'avons pas un gramme de matière grasse à manger. C'est cela qui provoque avant tout notre maigreur croissante évidente et notre faiblesse croissante. Même si les détenues françaises ont la même nourriture, ce qui resterait à constater par les deux surveillantes allemandes aux cuisines, on doit prendre en considération le fait que les Français peuvent améliorer considérablement leur ordinaire avec les  paquets qu'ils reçoivent chaque semaine. En plus de notre demande d'ajouter au moins au moins 125 gr de beurre par semaine à chaque portion de soupe, nous vous serions reconnaissantes d'augmenter un peu notre ration de pain, de façon à ce que nous ayons la même quantité au café matinal que le matin et le soir.
    En tous cas, celles qui sont amenées à travailler, devraient avoir des sandwichs, car personne n'est capable d'effectuer un travail avec les rations actuellement attribuées. Les assiettes qu'on nous avait laissé espérer à notre arrivée ne sont pas encore là. Nous vous demandons là aussi d'y porter remède, car les boîtes de conserves qui nous ont été distribuées à cet effet rouillent avec le temps et ne peuvent plus être utilisées comme vaisselle sans écœurement.

  4. Nous vous demandons, mon Commandant, que les peines de cachot ne soient exécutées qu'après votre approbation et un interrogatoire auquel vous aurez préalablement procédé.

    Raison invoquée:
    Depuis le 8 février 1945, il a été infligé dans de nombreux cas à nos femmes et à nos filles des condamnations au cachot dont la durée s'étalait de quelques heures à sept jours. Un examen approfondi devra être établi combien de femmes parfaitement innocentes ont été concernées. Le traitement qui fut infligé aux femmes condamnées à cette peine sera reproché à la direction du camp. Les femmes furent piétinées, frappées, menacées d'être fusillées et enfin on leur faisait miroiter une meilleure nourriture si elles cédaient aux avances qui leur étaient faites. Nous ne pouvons et nous ne voulons pas croire, mon Commandant, que vous ayez connaissance de ces faits. Nous espérons cependant que de telles atteintes inconcevables à l'honneur des femmes allemandes ne se renouvellent pas.

  5. Nous demandons enfin l'assistance de la Croix Rouge Internationale.

    Raison invoquée:
    Comme déjà mentionnée au numéro3, il fut récolté 1.000 francs pour l'achat d'huile de foie de morue pour nos enfants affamés. Cette somme a été dépensée entre-temps pour des médicaments indispensables, alors que l'argent devrait être constamment disponible pour ceux-ci. Aucune d'entre nous ne possède plus d'argent français et l'argent allemand a été pris à la plupart d'entre nous par les FFI lors de notre incarcération à Strasbourg. Nous ne pouvons ainsi par nous-mêmes plus rien faire pour notre maintien en bonne santé. De plus nos réserves de savon sont épuisées. Nous ne pouvons plus nous laver ni laver nos affaires. Nos chaussures doivent être réparées. En bref, il nous manque tout ce qui est indispensable pour vivre. Dans cette détresse nous sommes obligées de demander l'aide de la Croix Rouge.
    En plus nous nous tracassons jour et nuit pour nos proches en Allemagne qui de leur côté ne savent pas si nous sommes encore en vie. La Croix Rouge nous l'espérons peut prendre en main cette situation de détresse. Puisque même les prisonniers de guerre peuvent écrire chaque semaine chez eux, on ne va pas continuer à nous traiter  plus mal qu'eux. L'esprit chevaleresque de la France si réputé dans le passé, ne peut pas continuer à laisser souffrir de façon absurde, des femmes et des enfants, parce qu'ils sont allemands et se laisser reprocher un nouveau refus, qui pourrait être exposé à la face du monde.

    Nous vous serions très honorées, nous les femmes du baraquement n° 9 si vous aviez l'obligeance, mon Commandant, de répondre à notre lettre.

    Veillez, agréer, mon Commandant, l'expression de notre plus haute considération.

 

 

Nota: Nous n'avons pas trouvé de mortalité parmi les enfants et les femmes sur les registres des cimetières rennais. Nous avons la confirmation par un des témoins

Description du camp
Source: AD (32W129)

baraque11.jpg (63074 octets)

Dessin  d'un prisonnier ( Document fourni par Madame Ulrike Weber.  petite fille de  Else FRITZ )

Plan du camp

 

Extrait d'un rapport  du  commandant du camp au préfet le 1 mars 1945

"Le camp de Margueritte est située en bordure de la caserne Margueritte sur un terrain de plus de 3ha. Il comprend 18 baraques construites en parpaing, recouvertes de toles ondulées. Les baraques ont été construites par les Allemands pour servir de camp d'internement et occupés par eux jusqu'à la Libération le 3 août 1944.

Chaque baraque  a une capacité de 120 personnes. ce chiffre peut-être porté à 140, effectif maximum.  14 baraques sont actuellement utilisables. la baraque 8 et 9 ne possède pas de carreaux aux fenêtres. les baraques 8, 8 9 et 17 n'ont pas de plafond.

La capacité normale  du camp serait donc de 1960 (14 X 140).

La capacité normale dans l'état actuel des baraques : 140 X 11 = 1540.

Il existe à ce jour 1270 internés(562 Français et 708 Allemands)

Matériel de couchage:

Le camp possède 1480 lits (en bois et en fer) mais en revanche que 1075 matelas ou paillasses. Il n'y a pas de réfectoire. les internés prennent leurs repas dans leur baraque respective. le camp est entouré d'une triple rangée de barbelés d'une hauteur de 4 m. En plus, dans un périmètre de 200 m., un deuxième réseau de barbelés isole le camp. 3 miradors avec projecteurs et 3 postes de garde assurent la sécurité intérieure du camp. 3 sentinelles mobiles assurent en permanence la liaison entre les différents postes. A l'intérieur du camp, 4 factionnaires sont de service en permanence.

2 compagnies de F.F.I. stationnées à proximité du camp (200 m.) sont en alerte permanente , à la disposition du Commandant du camp.

Ravitaillement du camp:

La région de Rennes est assez favorable au ravitaillement.

Le taux des rations journalières fixée
par la Direction du Ravitaillement Général d'Ille et Vilaine

Ration de base:

Pain
Viande
Matières grasses
Sucre
Légumes secs
Pommes de terre
Pâtes alimentaires
Légumes frais

Supplément J3:

Pâtes alimentaires
Fromage
Sucre
Confiture

Supplément femmes enceintes:

Pâtes alimentaires
fromage
Sucre
Matières grasses
Viande
Lait

 

350 grs par jour
250 grs par mois
250 par mois
500 grs par mois
1 kg par mois
12 kg par mois
250 grs par mois
600 grs par jour au maximum

 

750 grs par mois
250 grs par mois
500 grs par mois
250 grs par mois


750 grs par mois
250 grs par mois
500 grs par mois
240 grs par mois
250 grs par semaine
1/2 litre par jour

Service sanitaire et social

Un docteur et une infirmière sont affectés au camp.....

 


 

Articles de presse:

Documents relevés dans la presse  aux Archives Départementales

OUEST FRANCE  du 25 janvier 1946

Sept cents Allemands qui voulaient "coloniser" l'Alsace, au camp de Margueritte

Lundi dernier, ainsi que nous l'avions annoncé, est arrivé à Rennes un convoi de prisonniers allemands.
Ce ne sont pas des soldats qui ont été ainsi internés au camp Margueritte, mais des membres de familles que le régime national socialiste avaient installées dans des propriétés des Alsaciens patriotes déportés pour noyauter la population  de cette province française, qu'on voulait englober dans le Grand Reich.
Ils étaient ainsi quelques quarante milliers d'Allemands, nationaux socialistes convaincus, qui avaient reçus pour mission d'étouffer jusqu'au souvenir même de la France. L'arrivée des troupes du général Leclerc à Strasbourg, déçut amèrement ces prétentieux colons, que les autorités françaises rassemblèrent au camp de Schirmeck avant de les disperser à l'intérieur de la France.
Les femmes et les enfants sont en majorité dans le convoi arrivé à Rennes, les hommes ne sont que 53 sur 719 internés. Ils avaient en effet pour la plupart été appelés soit aux armées, soit au travail dans les usines, à l'intérieur de l'Allemagne. Une dizaine de baraques, dont une est réservée aux hommes, dans une division du camp, leur ont été affectées.
Le service de santé est assuré par deux médecins et une assistante sociale. Les nourrissons qui sont mêlés à cette foule, ont dû être hospitalisés, procédé qui nous change des mœurs de la Gestapo.
Si l'arrogance s'est quelque peu dégonflée, le fanatisme guerrier reste tenace :  Lorsqu'à leur arrivée en gare, M le Préfet annonça à ces déportés les nouvelles victoires de l'armée russe,leurs larmes furent plus abondantes pour pleurer de la défaite de la Wehrmacht, que pour s'apitoyer sur leur propre sort.
Peut-être ce séjour et l'annonce prochaine de la défaite allemande feront comprendre à ces nationaux socialistes le drame de l'ambitieuse politique hitlérienne, reflet du bellicisme germanique, dont souffre aujourd'hui le monde en guerre mais dont nous délivrera à jamais la victoire en marche.

 

OUEST FRANCE  du 1 février 1946

400 Allemands internés au camp Margueritte
hommes, femmes et enfants ont quitté Rennes hier pour être rapatriés

Un  long et curieux cortège était rassemblé hier matin, vers 10h30, sur un quai de la gare de Rennes. On comptait plus de 400 personnes. En tête, des femmes et des enfants, ensuite des hommes, des civils d'abord, puis d'autres en uniformes boches de l'organisation Todt.
Tous ces gens étaient des Allemands que l'on renvoyait chez-eux, les internés du camp de Margueritte. Ils avaient été ramassés en Alsace et en Lorraine, à Strasbourg, à Colmar, à Metz, pendant la glorieuse avance de nos troupes, alors qu'installés chez nous, ils étaient venus remplacer nos malheureuses populations déportées.
Les "Todt" kakis, aux brassards à croix gammée, s'étaient rendus un peu partout, notamment sur les côtes, aux vaillants F.F.I.. Depuis, la France continuait à les nourrir, mais derrière les barbelés.
Oh !    Ils ne semblent pas avoir souffert!    Les nôtres ont été torturés dans les camps, mais ici on respecte les femmes et les gosses !  
Bien des témoins de leur départ ont même pu s'étonner un peu de constater leur bonne mine, de les voir chaudement vêtus, gantés de laines, chargés de lourds bagages, sacs tyroliens, etc. Beaucoup poussaient leur progéniture dans des voitures d'enfants. Quant à leurs compagnons, ils restaient militairement et impeccablement alignés. Ils ont cela dans le sang!  
On lisait aussi sur toutes les physionomies, la satisfaction du départ. Vers 14h30, un train les emmenait vers Pithiviers, où se trouve un centre de triage. De là ils gagneront la zone anglaise d'Allemagne. Qu'ils y restent et qu'on ne les revoit plus

 

Pour enrichir la mémoire du passé, le groupe P.G.A. de l'Université du Temps Libre de Bretagne recherche de nouveaux témoignages des P .G.A. eux-mêmes, ou en rapport avec les P.G.A. d'une manière générale, se rapportant à la capture, à la vie dans les camps à la garde des prisonniers, à l'aspect sanitaire, à la mortalité, au déminage, au travail, aux traces laissées par les PGA : tableaux, peintures, écrits, correspondances personnelles, à leur retour au pays, aux difficultés de réinsertion etc... (A l'inverse, nous recueillons également les mêmes informations sur les P.G. français et la Résistance en Bretagne pour un projet d'étude identique à celle des P.G.A.
Écrivez-nous
: jean.paul.louvet@orange.fr

(1) Document fourni par Madame Ulrike Weber.  petite fille de  Else FRITZ  rédactrice de la pétition

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Ed: 30/12/2013