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Le camp d'officiers de guerre allemands de Mulsanne 1945-1947


Ed:21/06/10

Sommaire

Présentation du camp

Mortalité

Visite du dépôt 403 du 2 février 1946 par le CCIR

Visite du dépôt 401 du 12 mars 1946 par le CCIR

Visite de l'hôpital régional de Mulsanne du 5 mai 1946 par le CCIR

Visite du dépôt 401 du 6 mai 1946 par le CCIR

Visite du dépôt 401 du 7 juillet 1946 par le CCIR

Transfert de 513 officiers du dépôt 401 au dépôt 205 de Baccarat le 7 juillet 1947


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Le camp de Mulsanne a été créé an 1939 pour des troupes anglaises venues en renfort sur le territoire français. Elles s’étaient installées dans des baraquements an tôle ondulée, construits an trois éléments, qu’elles ont laissés lors de leur départ en 1940.

En juin 1940, les Allemands se sont servis de ce camp pour interner des prisonniers français, qu’ils ont expédié progressivement sur l’Allemagne d’août 1940 à janvier 1941. Ce sont eux qui ont placé une clôture de fils de fer barbelés.

Le camp de Mulsanne a servi à partir de 1941 pour interner des éléments divers, surtout des Tsiganes, cela jusqu'au 8 août 1944 où le Mans a été libéré par les Américains. Ceux-ci ont créé un camp d’officiers où ils ont rassemblé les officiers allemands capturés au cours de la campagne et dans les "poches" de l’Atlantique.

A cette époque, les prisonniers étaient an partie sous des tentes. Les troupes de garde n’étaient pas mieux loties. C’étaient des tirailleurs marocains (3 compagnies).

A cette époque, Mulsanne abritait 7 000 officiers prisonniers, dont plusieurs dizaines d’officiers généraux. Les conditions de vie étaient normales, notamment quant à l’alimentation, après les sévères restrictions subies an 1945 et 1946.

L’homme de confiance était le lieutenant-colonel Von Rawen. Il était assisté par un état-major d’officiers subalternes qui parlaient bien français, dont un professeur à l’Université de Tubingen. Il avait des contacts presque journaliers avec le commandement français du camp. C’était un esprit très distingué. Le camp était fréquemment inspecté par le C.I.C.R. qui déléguait généralement M. Courvoisier.

Un embryon d’université avait été créé dans le camp sous la présidence du Dr Uhle, doyen. Il était habilité notamment à faire passer le baccalauréat (Abitur), qui était l’objectif d’un certain nombre d’officiers.

Ces prisonniers avaient d’autre part, créé un grand orchestre où se donnaient des auditions d’une haute qualité. Chacun des officiers généraux y avait son siège réservé, que s’il ne venait pas, personne ne pouvait occuper.

D’autre part, comme ils étaient suffisamment nourris, ils s’adonnaient à des sports. Les plus jeunes pratiquaient l’athlétisme, notamment le lancement du marteau.

Des relations correctes, bien que strictement militaires, s’étaient créées entre les cadres français, marocains et allemands. Le poste médical allemand donnait des consultations, notamment son service dentaire qui était bien équipé.

En juin 1947, le cardinal FRINGS, archevêque de Cologne, qui était très populaire an Allemagne, vint visiter le camp. Il fut accueilli par un chant choral de plus de trois cents voix, d’une qualité extraordinaire.

Mais le mois suivant un drame désola le camp. Trois jeunes officiers tentèrent de s’évader de nuit. Tirés par un garde marocain, deux furent blessés, mais guérirent, le troisième fut tué.

A cette nouvelle, les cadres français, comme les officiers marocains, furent profondément navrés. Mais un mouvement de mécontentement se fit jour parmi certains officiers qui agitèrent des pancartes "pire que Dachau". Le commandement français les consigna tous dans leurs cantonnements pendant i jour 1/2. Le Lieutenant Colonel von Rawen demanda à parlementer : il proclama que le devoir de tout officier prisonnier était de chercher à s’évader, et que le devoir de tout garde était de l’en empocher : ainsi chacun avait agi selon son devoir et son honneur, Ce qui mit fin presque instantanément au mouvement.

Peu de temps après, le camp fut dissous. Les officiers de réserve furent libérés, et les officiers d’active envoyés à Baccarat dans les Vosges et au Larzac.

 

Source: M. Joseph KLUPCZYNSKI, jeune sergent, a été affecté à Mulsanne en qualité d’interprète, le 17 avril 1947, après la dissolution du camp de Rouillé (Vienne), et après une mutation à Prin-Deyrançon (Deux-Sèvres)-.chef de bataillon honoraire, le 29 juillet 1999