6-LE CAMP DE THORÉE
Quelques aspects de la vie au camp

Ed:09/05/2011

 

Une journée au camp | Le travail et les corvées | L'absence de nouvelles | L'hygiène |Les soins médicaux | Les distractions

Une journée au camp : un incommensurable ennui

Hennann Dannecker décrit ainsi une journée au camp : "Réveil par une sonnerie de trompette à 6 h. Puis toilette et repas, dans la mesure où il restait quelque chose du jour précédent. Vers 8 h ou 9 h, appel ; au cours de celui-ci, on recevait 23 les instructions données par l'armée et les responsables allemands du camp .

Rien jusqu'à 11 h ou 12 h. A 12 h, repas, la plupart du temps un litre de soupe avec beaucoup d'eau. Vers 17 h, du pain avec un peu de corned beef (du temps des Américains) ou de saindoux (du temps des Français), un demi-litre de thé ou de soupe au lait sucrée. Après le repas du soir, je me rendais à la barrière nous séparant du camp voisin pour discuter avec des gens de ma, région, en particulier avec mon camarade Emil Marquardt. Vers 22 h, une sonnerie de trompette annonçait le couvre-feu. Le silence absolu s'établissait". Et de conclure "L'existence au camp était morne, vide et ennuyeuse".

Des mots qui reviennent, à peu de chose près, sous la plume de presque tous les témoins. Lisons ce qu'écrit Emil Marquardt, cité à l'instant et qui parle d'un appel du soir s'ajoutant à celui du matin : "On se traînait toute la journée dans le camp, tenaillés par la faim, à chercher des connaissances ou des gens de sa région, à écouter les récits des habitués, prisonniers dans ce camp depuis des semaines, voire des mois, et à attendre avec impatience un misérable repas". Toutes les pensées ou presque étaient accaparées par la nourriture. Les prisonniers se réunissaient pendant des heures pour échanger des recettes de cuisine.

"Les jours et les semaines passaient à un rythme régulier, dans la plus parfaite inactivité, avec, chaque soir, la cérémonie de l'appel qui pouvait durer plusieurs heures. Les prisonniers étaient rassemblés dans la cour du camp, entre les hangars, et attendaient les autorités américaines qui commençaient alors l'appel avec les responsables allemands. Je ne me souviens pas que le compte ait jamais été bon du premier coup. Les " troupes " devaient presque toujours être passées plusieurs fois en revue, puis les responsables allemands et les autorités américaines discutaient pour savoir s'il manquait encore des prisonniers des commandos extérieurs et pour en fixer le nombre".

Une anecdote au passage. "Il était d'usage lorsqu'un membre de la direction du camp, allemand ou américain, apparaissait dans les hangars de crier " Haut ihn " (Frappez-le). L'intrus était donc accueilli par ce cri, amplifié par plus de 1000 gorges, qui retentissait d'une façon sinistre et terrifiante. Malgré les avertissements et les menaces de sanction, la direction du camp ne put jamais faire cesser ce terrible cri".

Le travail et les corvées

Tous les prisonniers valides n'étaient pas réduits à l'inactivité. Beaucoup travaillaient à l'extérieur. Ils étaient répartis' dans des commandos envoyés surtout chez les agriculteurs et artisans des communes avoisinantes mais parfois bien plus loin, puisque l'un d'entre eux avait été conduit à l'école de cavalerie de Saumur. Les commandos les plus proches rentraient chaque soir au camp, ainsi qu'on l'a vu un peu plus haut à propos de l'appel. Les autres logeaient sur le lieu même où ils étaient employés.

Le travail en commando relevait généralement du volontariat. Si certains commandos restaient stables quant à leur composition, parce qu'ils avaient à effectuer un travail de longue haleine , d'autres , auxquels étaient affectéses des tâches de courte durée, n'avaient qu'une existence ephémère. Ils étaient formés au coup par coup selon les besoins . Ainsi que le dit Joseph Neumair, "il n'y avait pas de programme de travail défini. Chaque matin, on demandait des volontaires pour telle ou telle tâche. Les uns s'inscrivaient, les autres préféraient rester au camp .

En général, les officiers ne travaillaient pas. En revanche, parmi les sous-officiers mêlés à la troupe, certains préféraient aller en commando, et ceci principalement parce que les travailleurs bénéficiaient la plupart du temps d'une meilleure nourriture. Aussi y avait-il souvent plus de volontaires que de places offertes. Emil Marquardt : "Il y avait peu de possibilités de travail dans les détachements extérieurs. Je n'ai pu travailler qu'une seule matinée dans l'atelier de tailleurs des Américains, à l'extérieur des barbelés. Je devais y retourner l'après-midi, mais j'en ai été empêché. J'avais vraisemblablement pris à un prisonnier plus âgé son travail ou plutôt sa façon de gagner un supplément de nourriture".

A l'inverse du travail en commando, les corvées étaient obligatoires et, sauf exception, ne donnaient droit à aucun régime de faveur pour ce qui était de la ration alimentaire. Elles avaient lieu à l'intérieur du camp ou à l'extérieur, comme ce fut le cas pour J.J. Degenhardt qui raconte : "La grande majorité des prisonniers 24 fut employée comme bûcherons. Dans les environs, se trouvait auparavant un camp de munitions ; il avait été bombardé 25 - Les vieux arbres qui avaient reçu des éclats de bombe étaient abattus. On estimait alors la quantîté d'arbres à supprimer à environ 50 000 m3. Chaque prisonnier avait obligation d'abattre et de couper 1,5 m3 par jour. Comme.jusque-là je n'avais jamais eu en main une hache et une grande scie, je trouvais cela très dur de produire chaque jour la quantité demandée, compte tenu de notre maigre nourriture. Le dimanche, on travaillait aussi. On partait en colonne après le petit déjeuner et on revenait le soir vers 18 h pour le dîner".

L'absence de nouvelles. Spleen et angoisse

Les premiers prisonniers furent brutalement et totalement coupés des leurs au moment de leur entrée en captivité. Les plus chanceux, comme Joseph Neumair, avaient pu, par l'intermédiaire du CICR, adresser une carte de quelques mots à leur famille pour l'informer de leur situation, mais sans en obtenir de réponse et sans avoir le droit d'écrire à nouveau. Tous durent attendre très longtemps avant de pouvoir rétablir un véritable contact avec leurs proches. Ainsi Emil Marquardt, capturé fin novembre 1944, ne reçut-il les premières nouvelles de sa famille qu'à la fin du mois de janvier 1946, soit quatorze mois plus tard. C'est d'ailleurs à partir de cette même année 1946 que les prisonniers purent enfin écrire régulièrement, une fois par mois, une carte-lettre avec volet pour la réponse à leurs parents. Des plis qui, lorsqu'ils ont été conservés, ne donnent guère de précisions sur la vie en captivité, par crainte de la censure. Heinz Schlundt : "J'ai relu les lettres en ma possession. Malheureusement, je m'y exprimais peu sur le camp. Elles traitent le plus souvent de l'acquisition (f ouvrages scientifiques dont mon père se chargeait pour me permettre de poursuivre mes études à monretour" 26

On imagine l'angoisse des -prisonniers, sans nouvelles des leurs, au printemps 1945, alors que la guerre entrait dans sa phase finale, que les fronts craquaient de toute part et que les troupes alliées progressaient en Allemagne à la rencontre les unes des autres. Ils étaient tenus au courant du déroulement des opérations militaires par les Américains grâce à un tableau d'affichage très consulté. Ces informations étaient complétées par les récits des nouveaux arrivants qui ne faisaient que confirmer l'ampleur de la défaite. Emil Marquardt : "Plus le front se rapprochait des régions d'où nous étions originaires, plus grande était notre inquiétude. Nos pensées allaient aux membres de nos familles restés là-bas et, bien que nous ne sachions pas ce qui s'y passait, on était d'une certaine manière content et soulagé lorsque ces villages avaient été dépassés sans qu'on nous ait rapporté qu'il s'y était déroulé des combats acharnés. Je me souviens encore bien de l'annonce du décès du président américain Roosevelt en avril 1945 et, quelques jours plus tard, de celle de la mort d'Adolf Hitler. Le journal militaire américain titrait en lettres capitales " Hitler dead ". Je me souviens encore de cette manchette. Cette nouvelle n'attrista personne, pas plus d'ailleurs que le communiqué sur la fin des combats du 8/9 mai 1945. Pour nous autres prisonniers de guerre, anciens soldats de la Wehrmacht, ce fut le jour " 0 ". A partir de ce jour, appelé aussi jour " X ", sans parler déjà de liberté, nous avions cependant l'espoir de retourner un jour chez nous, même si cela devait avoir lieu dans quelques années".

Désormais les prisonniers allaient vivre au rythme des rumeurs du camp qui allaient bon train. L'ambiance variait d'un jour à l'autre. Tantôt on parlait de libération prochaine, ce qui donnait un fol espoir, tantôt au contraire on évoquait une captivité plus longue et c'était l'abattement. "Du village proche de Thorée, nous entendions la petite cloche sonner de façon nostalgique', nostalgie de nos pensées qui nous ramenaient à la patrie", a écrit l'un des captifs. Un poème a d'ailleurs été consacré à cette cloche ; son auteur est inconnu ; il a été mis en forme à Augsbourg par Emil Maier. Les croyants trouvaient un réconfort moral en assistant aux offices religieux dans la chapelle de leur camp, généralement bien installée, compte tenu des circonstances. Là où J.J. Degenhardt se trouvait, les catholiques avaient pour directeur de conscience un franciscain récemment arrivé à Thorée.

Certains moments étaient plus durs à vivre, comme ce Noël 1944 dont se souvient Günter Nier: "Deux jours après mon arrivée, j'ai vécu mon premier Noël de captivité (trois autres suivirent dans d'autres camps). Dans notre local, nous nous sommes regroupés en cercle pour entonner des chants de Noël et penser aux êtres chers que nous avions laissés chez nous". Moins "un mois plus tard, le 19 janvier 1945, Günter Nier fêtait son dix-huitième anniversaire : "Cela passa presque inaperçu mais certains camarades m'offrirent chacun un demi-gâteau sec, et je pus passer cette journée en étant rassasié".

L'hygiène

Si certains jugent que les conditions d'hygiène étaient parfaitement inexistantes - c'est le cas d'Eugen Idler - ou laissaient beaucoup à désirer, surtout en raison de l'absence de douches - c'est le cas de Siegfried Lesche -, la plupart des autres estiment que toilette et lessive pouvaient se faire de manière assez satisfaisante ou au moins acceptable, avec cependant des nuances correctrices dans cette appréciation plutôt favorable. Hermann Dannecker : "Peu de lessives. Comme le camp 5 était plus que surpeuplé, les locaux correspondants étaient constamment occupés. Je ne pouvais pas laver mes sous-vêtements. La toilette était possible avec un litre d'eau maximum". Günter Nier : "Les installations pour se laver étaient très primaires, avec uniquement de l'eau firoide. Les chaussettes et autres vêtements ne pouvaient être lavés que très rarement. Pour les sécher, nous les portions devant notre torse" 27. Pour ceux qui arrivaient des camps américains d'Allemagne, le progrès paraissait toutefois, là encore, considérable, avec, même si c'était difficile, "la possibilité enfin de laver du linge, le savon étant fourni pour l'occasion" (Herbert Liman).

Paul Medler note que "les autorités américaines de Thorée étaient très maniaques sur la propreté et traquaient la moindre poussière ; il en était de même dans les latrines dont la propreté était sans cesse contrôlée".

Heinz Schlundt, présent à Thorée de décembre 1946 à juillet 1947, donc assez tardivement, raconte que de son temps, "lorsqu'il faisait beau, les prisonniers étaient conduits sous bonne garde à une rivière voisine pour se baigner". Il ajoute: "Comme les Marocains ne savaient pas nager, ils avaient peur que nous nous échappions et étaient donc extrêmement sévères".

Les latrines, évoquées plus haut par Paul Medler, étaient rudimentaires. Situées dans chaque camp à l'extérieur des hangars, elles étaient constituées de longues planches au dessous desquelles il y avait soit une tranchée creusée dans le sable, qu'on rebouchait lorsqu'elle était pleine, soit de grands baquets qu'on allait vider, sous bonne garde, via la "route du camp", dans la grande fosse située à l'extérieur de l'enceinte, au-delà du camp 1 (voir schéma).

La corvée des tinettes, qui, comme la plupart des corvées, ne donnait pas droit à un supplément de nourriture, était évidemment peu appréciée. Emil Marquardt, qui se trouvait dans le camp 4, se souvient : "Les jours de verglas, il fallait user de prudence et invoquer la chance pour parvenir, avec les baquets pleins d'excréments, à la fosse en empruntant la route du camp sans que l'un ou l'autre des porteurs glisse et que le contenu peu ragoûtant se renverse sur lui et sur ses camarades. J'ai moi-même fait partie de ceux qui, par temps de verglas, ont "jonglé " de la sorte, mais aucune mésaventure de ce type ne m'est arrivée".

Les soins médicaux

Les prisonniers gravement malades et, de façon plus générale, les inaptes étaient renvoyés en Allemagne. Heinz Schlundt parle ainsi d'un train sanitaire comprenant environ 400 prisonniers SS, la plupart tuberculeux, organisé de son temps avec l'aide du chef ANTIFA (du service antifasciste) du camp, Eugen Schmitz28.. Il y avait eu bien d'autres convois sanitaires auparavant. Les prisonniers plus légèrement atteints étaient soignés sur place, tant bien que mal compte. tenu de l'absence de médicaments, par un personnel allemand qui était sous les ordres d'un médecin américain, dans les débuts, français par la suite. Tous les prisonniers subissaient de temps à autre des contrôles médicaux sommaires : "On prenait leur poids et un coup appliqué au niveau des fesses permettait d'apprécier leur niveau d'alimentation"!

Si elle s'améliora par la suite, la situation sanitaire des camps était bien mauvaise lors de leur création. Heinz Schlundt : "Dans le camp de Champagné-Auvours, il n'y avait pas d'assistance organisée. Les médecins allemands prisonniers faisaient ce qu'ils pouvaient. Il m'est arrivé par exemple d'arracher l'écorce des chênes pour préparer une tisane forte destinée à soulager ceux qui souffraient de diarrhée". Il fallait parfois un peu de chance pour -guérir à moindre mal, ainsi qu'en témoigne Günter Nier, qui passa à Thoréë le premier trimestre 1945 : "En raison d'une blessure , j'ai dû me présenter 'à l'infirmier; on craignait une septicémie. On m'a dit que dans ce cas, la seule solution était l'amputation. Heureusement, j'ai été auparavant présenté à un médecin américain. Ce dernier ne s'est pas montré aussi alarmist. Il m'a dit que nous allions essayer une nouvelle poudre (pénicilline). Le succès de la guérison a été effectif en quelques jours et mon doigt a été sauvé".

Rappelons que les médecins allemands soignaient aussi les gardiens nord-africains, lesquels disposaient pour les cas bénins d'une chambre de six lits et de leur propre infirmier. Les Marocains dont l'état nécessitait des examens plus approfondis étaient transportés en camion à Mulsanne.

Les prisonniers ont l'impression que la Croix-Rouge n'a pu être pleinement efficace dans les premiers temps et que ses services n'ont fonctionné- régulièrement qu'à partir de 1946. Ils n'en ont vu aucun représentant, ce qui les conduit à penser qu'elle ne recherchait pas le contact direct avec eux et préférait avoir affaire au personnel de direction du camp. Nul doute cependant qu'elle intervint pour faire améliorer la nourriture, ainsi que dans la fourniture de matériel sanitaire et de médicaments.

Les distractions

Afin de lutter contre l'ennui qui les rongeait, les prisonniers qui en avaient la volonté, et la force, pouvaient se livrer à diverses activités récréatives, sportives ou culturelles. Il y avait à Thorée un terrain de sport où se pratiquaient football et handball, un ring pour la boxe, une bibliothèque, un cinéma dans lequel on passait beaucoup de films de Fernandel 29.

Il y eut, semble-t-il, au camp des séances de rééducation politique. Des conférences y étaient faites sur les sujets les plus divers. Ceux qui voulaient continuer leur formation avaient la possibilité de suivre des cours de mathématiques, de physique, d'histoire, d'anglais, de français, de russe, etc..

On pouvait aussi assister à des concerts. Parlant de la période 1946-1947, Rudi Wemer écrit : "Notre orchestre du camp était bien étoffé, avec environ vingt quatre musiciens. Il était dirigé par le camarade Willi Nôlker. Les instruments avaient été mis à notre disposition par l'YMCA 30. L'orchestre a donné quelques beaux concerts. On jouait également du classique comme Beethoven et Max Bruch".

 

Diplôme signé du capitaine Daniault, commandant du camp de Thorée. attestant des connaissances de Heinz Schlundt en français. L'intéressé n'avait pas bénéficié des cours donnés à Thorée, mais il avait suivi ceux de Rennes...et il avait séjourné en France de 1942 à 1944.

 

La plupart des activités récréatives, suivies avec assiduité parce qu'elles constituaient des dérivatifs à la morosité ambiante, débutèrent en 1945. Emil Marquardt : "Au cours des premières semaines de l'année, il y eut constitution de groupes autour de professeurs, d'instituteurs, de chefs d'orchestre, de musiciens et aussi d'amateurs qui étaient depuis plusieurs mois déjà dans le camp. Des conférences avaient lieu dans les tentes, par exemple sur des sujets historiques ou sur la germanistique. Des groupes de chant se produisaient, un orchestre se faisait entendre et on jouait du théâtre, au cours de soirées et d'après-midi de divertissement. Des ateliers de bricolage furent créés. Ce type d'occupation connut un grand retentissement ; l'oisiveté et la monotonie étaient remplacées par une série d'activités bénévoles, toutes bienvenues, qui nous permettaient d'oublier un peu la faim qui nous tenaillait constamment, même si le sujet numéro un des conversations et des notes prises sur papier-toilette restait nos recettes de cuisine et nos plats préférés".

"Pour pouvoir arriver à l'heure aux représentations prévues, avant que la tente ne soit fermée car complète, il fallait regarder l'horloge du camp, puisque nous n'avions plus nous-mêmes de montre. Elle était commandée manuellement. Montre en main, un prisonnier, remplacé régulièrement, faisait avancer les aiguilles au bout de quelques minutes. Ce réglage artisanal de l'heure était un travail qui donnait droit à un supplément de nourriture ; il s'agissait donc d'une occupation convoitée".

Revenons à l'activité théâtrale. Elle fut assez importante. Il y eut apparemment plusieurs scènes de théâtre. On y joua des pièces comme "Candida" de B. Shaw,

Distribution de l'opérette 'Saison à Salzborirg". On notera, à l'avant-dernière ligne, le nom de Siegfried Lesche dans la liste des participants Portrait du metteur en scène de l'opérette "saison à Salzbourg "Rudi Wenier, par son camarade Hans Wagener qui jouait rôle du barman.

 

"Ingeborg", "Wenn der Hahn kräht" (Quand le coq chante), etc.. D'autre part, un groupe de prisonniers monta l'opérette "Saison à Salzbourg", de Fred Raymond, ceci presque à partir de rien. Rudi Wemer, qui assuma la fonction de metteur en scène, en écrivit le texte et les mélodies de mémoire. Siegfried Lesche fut l'un des régisseurs. Il était entré dans la troupe, qui comprenait certains acteurs ayant joué autrefois en Allemagne, en 1946. L'équipe avait construit elle-même la scène devant laquelle se trouvait une fosse pour six musiciens ; parmi ceux-ci, un très célèbre pianiste du Berliner Orchester qui dirigeait la formation. De gros rondins de bois servaient de sièges pour plusieurs centaines de personnes. Le commandant du camp avait laissé les acteurs travailler librement et leur avait même accordé de nombreuses facilités, notamment pour ce qui relevait des questions matérielles. Il était présent lors de la première, accompagné d'un certain nombre de ses subordonnés, dont des Marocains qui étaient, d'après un témoin, quelque peu émoustillés à la vue des personnages féminins..joués naturellement par des prisonniers de guerre. Ces derniers s'étaient laissé pousser les cheveux et un maître tailleur allemand leur avait confectionné des vêtements avec rembourrage cousu pour simuler la poitrine. "Saison à Salzbourg" fut joué plus de vingt-cinq fois. A la dernière représentation, il y avait près de 500 spectateurs qui avaient amené vin, liqueurs, mousseux et cigarettes.
A noter qu'auparavant, le même groupe 3l avait organisé des spectacles de variétés, avec en particulier un difficile numéro acrobatique, et monté la revue "Zum blauen Kakadu" ("Au cacatoès bleu") qui fut jouée à La Flèche, probablement dans la salle de la rue de Ravenel, à l'emplacement où se trouve aujourd'hui le centre protestant évangélique. Siegfried Lesche : "Nous y sommes allés à pied, sous la surveillance d'un soldat marocain ; une carriole transportait nos affaires de théâtre. Nous avions d'abord joué la pièce plusieurs fois au camp, car nous savions que des civils français viendraient à notre représentation et nous ne voulions pas nous couvrir de ridicule".

 


23. A l'intérieur du camp, la police était assurée par certains prisonniers qui disposaient du droit de punir les fauteurs de troubles. Ils intervenaient par exemple lorsqu'il se produisait des vols et des querelles.

24. Sous-entendu "de mon camp".

25. Le camp du Lude.

26. Heinz Schlundt nous apprend qu'à l'époque où il était à Thorée ' le chef du service de censure pour le courrier, les livres,, etc., était un Alsacien nommé Fink. "Il habitait avec sa famille à Thorée. Nous lui avons souvent rendu visite. car en tant que personnel protégé. nous avions le droit de nous promener en compagnie d'un soldat marocain".
27. A propos des vêtements, Siegfried Lesche écrit : "Notre habillement se composait d'un pantalon de l'armée américaine et d'une veste. Sur les cuisses. à droite et à gauche, il était écrit PG (= prisonnier de guerre), ainsi que dans notre dos. Nous disions que cela signifiait Partei Genosse (membre du parti), mais nous n'en étions pas".

28.Il nous donne par là même occasion le nom de l'homme de confiance de l'époque. Werner Jahn, et celui de l'aumônier catholique. Prokoff, dont il lui semble se souvenir qu'il venait de Métz.

29. Tout ceci n'apparut bien sûr que progressivement. Ce n'est pas d'emblée que les prisonniers purent bénéficier de l'ensemble de ces distractions. Quelques-uns des footballeurs de Thorée se produisirent après leur libération dans des équipes allemandes de première catégorie comme Kaiserslautern, Stuttgarter Kickers., Schalke 04, etc..

30. Young Men Christian Association, association chrétienne de jeunes gens, plusieurs fois citée comme ayant fourni également des partitions de musique et du matériel pour les différentes activités artistiques et manuelles. Selon Heinz Schlundt., le représentant de l'YMCA, Oskar Laetmann, un Suédois, visitait régulière

31. Le personnel "stable" de l'équipe comportait douze personnes qui logeaient dans un débarras en planches situé derrière la scène.ment le camp.

 

 

 

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